Il s'est passé bien du temps depuis que j'ai lu Le baiser de Pandore et sa suite, qui est ensuite devenu une trilogie qui a fini par devenir un volume unique. Ce petit préambule pour démontrer que Patrick Ferrer travaille et retravaille ses livres.

Aujourd'hui, je viens de finir Le masque d'Eurydice Le masque d'Eurydice

Elle avait disparu il y a bien des années. Il me disait qu’il avait oublié, que la balle qui avait perforé son crâne avait emporté ses souvenirs. Mais je savais qu’il me cachait quelque chose. Y avait qu’à voir toutes les cicatrices dont il refusait de parler. Ou la façon dont il vivait retiré du monde, hanté par de terribles secrets du temps où il travaillait pour les Renseignements. Avec pour seule compagnie la chienne abandonnée que j’étais.

Aussi, quand deux gars se sont pointés chez nous pour essayer de remuer le passé, j’ai compris qu’il se passait quelque chose. Que j’allais le perdre. Pour un fantôme, une femme dont il tentait désespérément de nier l’existence.

Mais je n’allais pas me laisser faire. Pas question de le voir me filer entre les doigts et détruire tout ce que nous avions construit ensemble. Et pour ça, j’allais devoir l’aider à démêler l’écheveau de ses souvenirs. Aussi terribles qu’ils soient.

« Poupée, tu vois une jetée de bois pourrie, rongée par la moisissure et l’humidité, et tu te demandes si elle supportera ton poids. Tu as envie de poser le pied dessus, c’est normal. Mais crois-moi, au bout de la jetée, si tu y parviens, tout ce que tu trouveras, ce sont les cadavres boursouflés de ceux qui t’ont précédé, flottant parmi les algues. Parce que c’est tout ce qu’il y a, au bout de cette foutue jetée. »