Non, je ne parle pas de ce que vous pouvez imaginer mais d'une chose plus onirique.

Je suis un chat et j'aime les hauteurs. Très souvent, je suis perché (comme le jeu du même nom) et il m'arrive de m'imaginer, parfois, que je suis sur le faîte d'un édifice et que je contemple les autres, espérant qu'un regard se pose sur moi. Parfois ce regard arrive mais est vite happé par la trépidance de la vie "d'en bas", et je reste seul, créature oubliée au milieu des gargouilles.

Qui d'entre vous n'a jamais gardé son regard rivé à celui de ces créatures immobiles, n'a jamais cherché à les comprendre, à les ressentir? Sont-elles laides à dessein ou ne cachent-elles pas quelque joyau en leur sein? Qui dans la foule saura les voir réellement, oublier la pierre qui les retient et les déforme?

La pluie est leur voix, les larmes des cieux coulent en elles. Elles entendent les plaintes de tous, les leurs disparaissent dans le tonnerre. Mais elles restent, fidèles au poste et à ceux qui s'adressent à elles. Nul tourment ne les atteint, nul répit ne les attend. Elles sont.

Je me vois très bien niché sur l'une d'elles, lui contant mes petites histoires et écoutant ses longues épopées, attendant qu'un Quasimodo (en jargon IRC on dit un half-op) vienne faire le pitre pour une gauloise (ou une gitane, je ne me souviens plus de la marque) et ensemble nous gausser de son échec, parce que tout ce qu'il nous reste parfois, c'est les dépends des autres.

Solitaires nous étions, mais nous ne serons plus jamais vraiment seul.